Compter avant de bâtir quoi que ce soit
Nous avons cartographié comment le travail circule aujourd’hui, étape par étape, avec les volumes, les transferts, les outils et les points de friction. Nous avons évalué les outils du marché sur ce vrai processus plutôt que sur une liste de fonctionnalités. Pour chaque étape nous avons dit si elle devait rester humaine, être assistée, être automatisée ou être laissée telle quelle. Puis nous avons chiffré les heures en jeu à partir des volumes du département.
Fermer cet écart représente un gain d’efficacité de vingt-cinq pour cent, soit le même travail en quatre-vingts pour cent du temps. Contre un département d’environ vingt-cinq mille heures par année, ça fait un peu plus de cinq mille heures. C’était la cible.
Ce que le décompte a trouvé, ce sont trois leviers valant ensemble dix à quinze mille heures par année.
| Levier | Ce qui change | Heures par année |
| Douze compétences | Couvrent la soumission de l’ouverture jusqu’à la publication en production | 4 300 à 7 000 |
| Une voie rapide pour les estimations budgétaires | De dix jours à une demi-journée, sur des ratios historiques avec une contre-vérification | 4 200 à 5 000 |
| Les resoumissions traitées en écarts | Dix jours à six en ne touchant que ce qui a changé, puis six à quatre avec les compétences en place | 2 300 à 3 100 |
Ça a complètement recadré la décision. La cible n’exigeait pas que le plan fonctionne. Elle exigeait qu’environ la moitié du scénario conservateur se matérialise, et tout ce qui dépassait était du surplus. Un département à qui on avait dit qu’il fallait un gain de vingt-cinq pour cent regardait deux à trois fois ça, et la conversation a cessé de porter sur la question de savoir s’il fallait le faire.
Le décompte a aussi tué le raccourci. Le travail de mesure et de quantités représente environ soixante pour cent de la semaine d’un estimateur et se divise en trois processus distincts, dont aucun n’est entièrement automatisable alors que les trois le sont partiellement. Parmi les outils évalués sur le vrai processus plutôt que sur une liste de fonctionnalités, aucun n’était une solution miracle. Un a été écarté parce que l’entreprise était trop jeune pour porter une fonction aussi critique, ce qui est une décision bien plus facile à prendre avec le processus cartographié devant soi.
Le processus cible a été validé en comité directeur, et la décision de bâtir a été prise sur une conception chiffrée plutôt que sur des hypothèses.